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ENVIRONNEMENT » Faune et flore nuisibles

< Juin 2012 >

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L’introduction accidentelle ou volontaire d’une espèce dans un nouveau milieu de vie entraîne immanquablement des répercutions environnementales.

Lorsque le nouveau territoire est propice, que les prédateurs, la concurrence, le parasitisme sont restreints ou inexistants, l’espèce peut même devenir « envahissante ».

Ces nouvelles espèces peuvent changer les caractéristiques de l’écosystème d’accueil, avoir des impacts sur la faune et la flore endémique, les usages et parfois la santé.
Plus généralement, le développement d’espèces envahissantes est la 3ème cause mondiale de baisse de la biodiversité.

 

Faune envahissante

Mammifères

pictos-environnement/arrow1.png Ragondin (Myocastor coypus)

Mammifère originaire d’Amérique du Sud, il a été introduit en Touraine à la fin du XIXème siècle. D’une taille comprise entre 40 et 60 cm, il possède une longue queue ronde de 30 à 45 cm. Pesant de 5 à 9 kg, c’est un herbivore opportuniste qui possède comme signe distinctif, 4 incisives orange vif.

pictos-environnement/arrow1.png Rat musqué (Ondrata Zibethicus)

Mammifère originaire d’Amérique du Nord, il a été introduit en Touraine au milieu du XXème siècle. D’une taille comprise entre 25 et 40 cm, il possède une queue ovale de 20 à 25 cm. Pesant environ 2 kg, c’est un herbivore à tendance omnivore lors des périodes de disettes hivernales.

 

Ces deux espèces creusent des terriers qui déstabilisent les berges des cours d’eau, les digues d’étang ou ouvrages pouvant même aller jusqu’à leur effondrement.  Leur alimentation quasi uniquement herbivore entraîne un appauvrissement de la végétation naturelle, et des dégâts aux cultures.
Ces mammifères ont également un impact potentiel sur la santé publique car ils sont porteurs des bactéries responsables de la leptospirose mais aussi de vers parasites responsables de la douve du foie.

Depuis 2007 en Indre-et-Loire, la lutte collective contre le ragondin et le rat musqué est rendue obligatoire par Arrêté Préfectoral. La C.C.T.S. souhaite élaborer une politique de lutte globale et encourage chaque piégeur du territoire à continuer les efforts.

 

Crustacés

Trois espèces indigènes d’écrevisses ont été introduites dans les eaux françaises au cours du XIXème siècle. Plus fécondes, plus agressives et porteuses saines de pathologies (peste des écrevisses ou Aphanomycose), leur présence entraîne un risque très élevé de disparition des espèces autochtones. Ces crustacés sont également en partie responsables de la destruction des herbiers aquatiques servant notamment de support de ponte aux poissons.

Les trois espèces d’écrevisses américaines sont considérées par la loi comme des espèces susceptibles de provoquer des déséquilibres biologiques. La législation française depuis l’Arrêté du 21 juillet 1983 relatif à la protection des écrevisses autochtones, interdit l’introduction, le transport et la commercialisation à l’état vivant de ces espèces.
Les trois espèces suivantes sont concernées par ces aspects réglementaires.

 

pictos-environnement/arrow1.png Ecrevisse de Louisiane (Procambarus clarckii)

Originaire du nord du Mexique et du Sud-est des Etats-Unis, l’écrevisse de Louisiane a été introduite en France en 1976 pour son élevage.
Elle présente une coloration rougeâtre, des pinces granuleuses couvertes de tâches rouges et un ergot caractéristique sur le dernier article avant les pinces. Vivant naturellement dans les marais, elle s’accommode des étangs et des cours d’eau lents. Elle creuse dans les berges ou les digues, des terriers allant jusqu’à 2 m de profondeur, la rendant ainsi capable de supporter des conditions extrêmes (températures, manque d’eau et d’oxygène etc.).
Mature au bout d’un an, chaque femelle porte en moyenne 500 œufs et peut se reproduire plusieurs fois dans l’année.

L’écrevisse de Louisiane n’est pour le moment recensée que sur la Claise à Bossay-sur-Claise. Elle est sans doute présente dans d’autres eaux (étangs…).

pictos-environnement/arrow1.png Ecrevisse américaine (Orconectes limosus)

Originaire de l’Est des Etats-Unis, elle a été introduite dans le centre de la France en 1911. L’écrevisse américaine est de petite taille puisqu’elle mesure moins de 12 cm. Elle présente généralement des colorations brunes à verdâtres plus des tâches brunes sur les segments dorsaux qui sont caractéristiques de l’espèce. Son rostre à bord parallèle en forme de gouttière et un ergot sur l’article précédent les pinces sont également représentatives de l’espèce.
L’écrevisse américaine s’accommode d’une eau de mauvaise qualité. Elle vie dans les eaux calmes à faiblement courantes où le fond est limoneux et riche en végétation.
Mature dans sa deuxième année, chaque femelle porte de 100 à 200 œufs.

pictos-environnement/arrow1.png Ecrevisse signal (Pacifastacus leniusculus)

L’écrevisse signal, ou écrevisse du pacifique est originaire de la côte Ouest des Etats-Unis. Introduite en France dans les années 1970, elle s’échappe des élevages et colonise tous types de milieux aquatiques à raison de 2 à 3 km de cours d’eau par an.
Elle est reconnaissable à son céphalothorax (dessus de la tête) lisse, mais surtout à la tâche blanche ou bleutée présente sur l’articulation des pinces dont la face inférieur est rouge.
Elle colonise tous types de milieux, du ruisseau rapide et oxygéné aux étangs et lacs tant que la qualité d’eau est bonne. Elle entre donc en concurrence directe avec l’écrevisse à pieds blancs, espèce endémique de nos cours d’eau.
Chaque femelle porte de 100 à 200 œufs.

 

Flore envahissante

pictos-environnement/arrow1.png Jussie sp.

Il existe deux espèces de jussie en France, la jussie à grandes fleurs (Ludwigia grandiflora) et la jussie péploïde (Ludwigia peploïdes). Cette dernière est la plus présente sur le cours de la Claise.

Plante aquatique originaire d’Amérique du Sud, elle a été introduite en France a des fins ornementales au XIXème siècle. Très reconnaissable avec ses fleurs d’un jaune vif (juin et septembre), elle forme des herbiers mono spécifiques très denses qui présente une phase aquatique jusqu’à 3 m de profondeur mais aussi une phase émergée jusqu’à plus de 0.80 m au dessus du niveau de l’eau. Ses tiges peuvent atteindre 6 m de long.
Elles affectionnent particulièrement les eaux stagnantes ou calmes et bien éclairés. Elle se développe sur une grande diversité de substrats et est relativement indifférente à la qualité d’eau.
Les jussies se développent très vite, elles peuvent doubler leur biomasse en deux à trois semaines. Elles se propagent par bouturage, un morceau de plante de quelques centimètres donnera une nouvelle plante. Le reproduction sexuée dans notre pays est avérée mais ne représente pas le mode de dissémination principal.

Le développement massif de cette plante entraine une baisse notable de la biodiversité, végétale et animale puisqu’elle occupe l’habitat de multiples espèces. Les herbiers denses favorisent un envasement du milieu et entraînent des variations importantes dans la quantité d’oxygène dissous. Des gènes sur les usages (pêche, navigation, irrigation) sont fréquentes.

Pour lutter contre la jussie, notamment sur la Claise, un arrachage manuel et consciencieux paraît le plus adapté pour limiter la propagation Plusieurs campagnes ont déjà été réalisées entre 2005 et 2009. Le programme d’actions prévu entre 2011 et 2015 sera plus conséquent pour réguler au maximum les herbiers.
L’arrachage mécanique, efficace sur des herbiers très importants, présente cependant un risque important de dissémination de la plante par bouturage des morceaux créés.

La jussie est présente sur tout le cours de la Claise avec un foyer principal sur la commune de Bossay-sur-Claise. Quelques herbiers sont également présents sur l’aval de l’Aigronne, la Creuse et la Gartempe. Elle est également présente sur plusieurs étangs à Yzeures-sur-Creuse.

pictos-environnement/arrow1.png Elodée dense (Egeria densa)

L’élodée dense est originaire d’Amérique du Sud au début du XXème siècle notamment pour l’aquariophilie et se retrouve dans les cours d’eau depuis 1960.
Cette plante vit exclusivement dans l’eau en se fixant au substrat. Sa tige verte à brunâtre peut mesurer de 3 à 5 m de long. Les feuilles y sont fixées directement par 4 ou 5. Les fleurs blanches se développent de juin à août.
Cette plante vivace ne se reproduit pas de façon sexuée sous nos latitudes mais de façon végétative (bouturage). Elle forme donc des herbiers très denses pouvant se développer dans plusieurs mètres d’eau.
Leur développement massif peut entraîner une diminution de la quantité d’oxygène dissous et empêche l’entrée des rayons lumineux vers le fond du cours d’eau. Elle constitue également un obstacle à la circulation des eaux, restreint les usages et augmente à terme l’envasement du milieu.

L’élodée dense est présente sur le cours de la Claise

pictos-environnement/arrow1.png Renouée du Japon (Fallopia japonica)

La renouée du Japon, originaire d’Asie Orientale, a été introduite en France pour des raisons ornementales et fourragères. Elle possède une tige creuse, rougeâtre, semblable à un bambou et peut atteindre 3 m de haut. Ses feuilles alternes ovales – triangulaires atteignent 20 cm de long et sont tronquées à la base. La renouée possède de petites fleurs blanches en grappe qui apparaissent en fin d’été.
La reproduction se fait surtout de manière végétative grâce à ses rhizomes ou à des fragments et des boutures de tige.
La Renouée affectionne les milieux riches et humides comme les bords des cours d’eau. Une fois implantées, elle forme rapidement un large fourré mono spécifique.
Son éradication est très difficile et fastidieuse puisque sa croissance rapide (entre 1 et 8 cm par jour) nécessite une fauche très fréquente. L’extraction des rhizomes parait elle aussi très problématique car leur densité dans le sol est très importante.

Elle est présente sur plusieurs stations le long des cours d’eau comme sur la Claise à Chaumussay, Abilly, le Larçon à Ferrière-Larçon.

pictos-environnement/arrow1.png Balsamine de l’Himalaya (Impatiens glandulifera)

Cette plante originaire de l’Ouest de l’Himalaya et implantée au XIXème siècle pour des raisons ornementales. Elle possède une tige robuste, rougeâtre et peut dépasser les 2 m de hauteur. Des racines adventices sont également présentes le long de la tige.
Elle possède des feuilles dentées, opposées ou verticillées par 3 entre 5 et 18 cm de long et 5 à 7 cm de large terminée de chaque côté par une petite glande rouge.
Ses fleurs rougeâtre, rose ou blanche sont regroupées en grappes de 5 à 12 à l’aisselle des feuilles. Ses fruits sont en forme de fuseau de 2 à 4 cm de long.
La Balsamine est une espèce de demi-ombre et affectionne les milieux frais comme le bord des rivières, les fossés, les talus humides ou les lisières de forêt.

Cette plante de part sa germination précoce et sa croissance rapide, gêne les plantes héliophiles et réduit d’autant la diversité végétale.
Le système racinaire relativement superficiel de la Balsamine permet de l’arracher facilement avant fructification (800 graines par plante). Il convient cependant de retirer tous les morceaux de la plante qui peuvent se disperser également par bouturage.

Elle est présente le long de la Claise sur la commune d’Abilly et le long du Brignon à Neuilly-le-Brignon.

pictos-environnement/arrow1.png Berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum)

La Berce du Caucase a été importée comme plante environnementale et est originaire comme son nom l’indique du Caucase. Elle est la plus grande ombellifère d’Europe puisqu’elle peut mesurer jusqu’à 3,5 m de haut. Ses tiges sont épaisses (10 cm) et creuses, généralement avec des tâches rouges. Ses feuilles de 0.5 à 1 m sont profondément découpées en 3 ou 5 divisions. La floraison (juin – juillet), présente des ombelles de petites fleurs blanches atteignant 50 cm de diamètre. La fructification a lieu en automne.
Cette plante, en plus de son caractère invasif, contient des substances toxiques photosensibles. Le seul contact d’une partie de la plante avec la peau, en combinaison à une exposition au soleil, entraîne des brûlures importantes au bout de quelques jours.
En cas de contact, il convient de se laver à l’eau rapidement et de changer tous ses vêtements. Il faut également protéger du soleil les parties exposées au moins pendant une semaine.
Il s’agit donc de prendre des précautions importantes et couvrir toutes les parties du corps pour couper cette plante avant la montée en graines (une plante produits plusieurs dizaines de milliers de graines).
L’emploi de produits phytosanitaires est à proscrire puisqu’elle est résistante à la plupart des molécules.

Elle est présente sur plusieurs stations le long des cours d’eau comme sur l’Aigronne à Charnizay, le Larçon à Ferrière-Larçon.



Musée du Grand Pressigny
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"Quand les arbres vous parlent"

Sorties accompagnées et commentées par un technicien ONF en Forêt Tours-Preuilly sur Claise
les dimanches 20 mai et 10 juin 2012 à 9h30 à l'étang de la Ribaloche (3 €/pers, réservation obligatoire auprès de l'Office de Tourisme de la Touraine du Sud)


A vos agendas...

Samedi 9 juin à Yzeures-sur-Creuse : Concert de l'Orchestre Symphonique de la Région Centre avec 45 musiciens à 21h à la salle des fêtes

Mercredis 13 et 27 juin : Circuits découverte de la Touraine du Sud en mini-bus

Pour en savoir plus, consulter l'agenda des manifestations dans la partie "Tourisme"


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